Maria Montessori : des préjugés tenaces

Maria Montessori : des préjugés tenaces

Il y a deux ans, Valérie, Virginie et moi nous heurtions aux réticences d’un évêque zélé qui nous interdisait, sans le dire ainsi, d’organiser une formation à la catéchèse du Bon Berger. Au cours de l’échange tendu qui a suivi, les lieux communs sur Montessori y sont passé : refus du dogme du péché originel, liens supposés avec la théosophie, etc. Cette légende noire d’une Maria anticléricale ou théosophe est tenace, malgré de nombreuses sources, dont certaines récentes, découvertes dans les archives des sœurs missionnaires des écoles, lors du procès de béatification de Luigia Tincani ou mises à jour par Sœur Bazin dressant l’historique de son ordre, les sœurs franciscaines missionnaires de Marie.

 

Bien qu’étant formée à la pédagogie Montessori depuis des années, pédagogie qui a transformé ma vie, ma façon d’être mère, mon identité, j’étais complètement novice en ce qui concerne la catéchèse du Bon Berger . Après m’être formée, j’ouvrai modestement mon premier atrium. Brusquement, j’ai eu la sensation de mettre le pied dans un combat spirituel qui n’était pas le mien, et qui me dépassait. Dès lors, j’ai cherché à comprendre ce qui pouvait susciter, dans la pédagogie et la vie de Maria Montessori, la levée de tels boucliers au sein même de ma propre Église, alors que je me sentais grandie au contact des idées de la doctoresse. Je me suis penchée sur son histoire, son parcours, sa vie privée, ses relations. Ce que j’ai découvert m’a bouleversée. Qu’il me semble modeste aujourd’hui, cet échange avec l’évêque au vue de toutes les attaques que Maria a subies tout au long de sa vie! Malgré cela, elle a continué d’avancer, en demeurant fidèle à l’Église, et à sa mission auprès des enfants.

 

Désireuse de partager ces découvertes, je me lance dans une série de vidéos thématiques. Elles seront publiées au fil de mes recherches et en fonction de mes disponibilités, entre mes engagements familiaux, professionnels et au sein de l’Église.

 

 

 

Cet échange avec l’évêque aura donc été la source de ce projet mais également de la création de notre association de la Catéchèse du Bon Berger dont l’un des rôles et de faire connaître aux évêques la catéchèse. Ainsi deux membres du conseil d’administration de l’association ont rendu visite au Service National de la Catéchèse et du Catéchuménat (SNCC) puis à Monseigneur Jordy et sont heureuses de nous annoncer qu’ils ont répondu favorablement à leurs demandes.

 

Voici la conclusion de leur rapport :

 

« Ces propositions catéchétiques présentent un intérêt réel , par leur approche kérygmatique et mystagogique, et leur réflexion sur les caractéristiques propres à la spiritualité de l’enfant. Il est souhaitable qu’elles puissent apporter leur part au renouvellement de la catéchèse en France. Il faut veiller pour cela à leur ancrage dans les Églises particulières et au dialogue avec les autres acteurs de la catéchèse. »

 

A nous désormais d’utiliser cette pédagogie pour poursuivre l’œuvre de Sofia Cavalletti, dans le sillage de Maria Montessori, pour faire grandir les enfants dans leur relation au Christ, le Bon Berger et travailler au sein de nos diocèses pour dialoguer et faire connaître ce trésor !

  

Claire